
Le GIE Carte Bancaire a souhaité lutter contre la fraude sur Internet et plus particulièrement sur l'utilisation d'un numéro de carte à l'issue du porteur en mettant en place une procédure appelée 3D Secure.
L'intention était a priori louable mais la mise en oeuvre s'est révélée catastrophique.
Pour les banques, les médias et la classe politique, Internet est bien souvent présenté comme un espace de non droit sur lequel sévirait impunément tous les escrocs de la planète. Mais qu'en est il réellement ? En 2009, les tentatives de fraude à la carte bancaire représentait 2,65 % des transactions pour un montant estimé à 705 millions € à rapporter au 25 milliards € que génère le e-commerce. On parle ici bien de tentative. Lorsque l'on s'interesse aux fraudes réelles, on tombe à 36 millions d'euros soit 0,15 % du chiffre d'affaire globale du e-commerce.(source Fia-net), bien loin du tableau noir que nous présente les média.
Quoiqu'il en soit, dans la mesure où se sont les e-commerçant qui en bout de course payent ces fraudes, on ne peut être que favorable au renforcement de la sécurité des transaction. Encore faut il que cela soit fait de manière intelligente.
Le principe de 3D Secure est de demander des informations complémentaires après que le client ai donné les informations liées à sa carte (numéro, date de validité, cryptogramme). Ces informations sont propre à chaque banque et peuvent aller des plus simples (date de naissance) à des choses beaucoup plus compliquées comme des code attribués par la banque et envoyé par SMS (payant de préférence) sur un numéro de portable que vous devez avoir déclaré préalablement à votre banque. La première authentification par 3D Secure peut donc s'avérer un peu complexe. En revanche, les suivantes sont en principe beaucoup plus simple.
Là où le bas blesse, c'est que les banques n'ont fait aucune communication autour de cette nouvelle procédure auprès de leurs clients. Les internautes se retrouvent donc face à des écrans auxquels il ne comprennent des fois pas grand chose, qui leur font croire à une tentative de fraude (on leur a tellement parlé des risques d'Internet ...) et dans le meilleur des cas qui ajoute une complexité au tunnel de commande et donc un risque accru d'abandon de commande.
Au final, la mise en oeuvre de 3D Secure et sa généralisation depuis le 1er juin dernier se traduit par une perte moyenne de chiffre d'affaire pour les e-commerçant de 15 à 20 %.
Si on veut résumer un peu brutalement la situation : pour essayer de récupérer une partie des 0,15 % de chiffre d'affaire que coûte la fraude aux cartes bancaires, on en a perdu 15% .... et ce n'est pas le GIE Carte Bancaire et encore moins les banques qui vont compenser les pertes pour les e-commerçants.