mercredi 13 juillet 2011

La fraude au paiement par carte bancaire progresse ?

L'observatoire de la sécurité des cartes de paiement vient de rendre son rapport annuel portant sur l'année 2010.

Si l'on en croit le communication de cette organisme présidé par le Gouverneur de la Banque de France, la fraude augmente sur les paiement à distance (internet, téléphone, courrier). Si l'on regarde les chiffres de plus près, on s'aperçoit que si elle augmente bien en valeur absolue : 101,1 millions d'euros en 2010 contre 82,2 millions d'euros en 2009, elle diminue très légèrement en pourcentage des transactions 0,262 % en 2010 contre 0,263 % en 2009. La croissance du montant de la fraude s'explique par l'augmentation des transactions en ligne (+23,8 % d'augmentation en 2010).

L'Observatoire note qu'environ la moitié des e-commerçant dispose d'une architecture de sécurisation des transactions de type 3D Secure mais s'étonne que seulement 10 % des transactions passe par cette authentification. Il regrette "la désaffection des grands e-commerçants français au regard de ces dispositifs de sécurisation".

Parmi les 35 membres de cet éminent observatoire on retrouve 1 seul représentant des entreprises de e-commerce (la Fevad). Celà explique sans doute que les conclusions de ce rapport soit si éloigné des réalités du terrain sur ces aspects de sécurisation des transactions :
  • Globalement 3D Secure fait actuellement perdre beaucoup plus d'argent aux e-commerçant que le montant de la fraude qu'il est sensé éviter en raison d'un taux d'abandon de commande anormalement élevé.
  • Les gros e-commerçant ont les moyens de négocier le débrayage de 3D Secure auprès de leur banque là où les petits e-commerçants n'ont bien souvent pas eu le choix (la banque populaire par exemple impose 3D Secure à tous ses clients e-commerçants).
  • Parmi mes clients ou contacts, un des premiers critères de choix d'une solution de paiement par carte est que 3D Secure soit débrayable ...
L'observatoire à mis en place un groupe de travail chargé d'identifier les freins à l'adoption de ces systèmes en France. De ces travaux "Il ressort que les banques et les commerçants considèrent que cette technologie n’est pas à ce jour assez mature pour être généralisée, et qu’une démarche de mise en oeuvre progressive et proportionnée, basée sur une approche par les risques, est à privilégier afin de lutter efficacement contre la fraude sans pénaliser le développement du commerce en ligne en France."

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